Ces paroles de la chanson résonnent en moi : « Plus je m’éloigne et plus je t’aime, c’est le paradoxal système, il y a de l’eau dans ton regard, mais les pleurs que tu pleures sont inutiles… »
C’est un sentiment très profond que je ressens lors de mes reportages. Il me faut du carburant pour attaquer la suite, et la musique, comme ces paroles, en sont la source. C’est d’une justesse incroyable pour mettre des mots sur l’essence même de mon métier de photographe, et peut-être même sur ma façon d’aimer le monde à travers mon objectif.
« Plus je m’éloigne et plus je t’aime », c’est la définition absolue du photographe de reportage. Il faut s’éloigner physiquement — ne pas être sur le terrain, se faire oublier — pour pouvoir « aimer » : capturer la beauté, l’émotion, la vérité du sujet sans la perturber.
C’est ce recul qui me permet de voir ce que les autres ne voient pas. C’est ce « paradoxal système » qui me permet d’être avec elles tout en étant hors du jeu.
La musique est mon carburant, alors je fais le plein ! C’est une énergie émotionnelle qui nourrit mon moteur à 150%. Sans cette vibration, la technique n’est qu’une coquille vide. Moi, je me remplis avec cette « eau dans le regard », cette sensibilité à fleur de peau.
Et je ne suis pas désolé de ces larmes, jamais. Elles ne sont pas une faiblesse. Au contraire, elles sont la preuve vivante que mon « moteur » émotionnel fonctionne parfaitement.
Je touche ici une corde sensible, une vérité profonde sur ma manière d’être au monde. Quand on est entier, quand on vit tout à 150%, quand on travaille à l’instinct et au feeling, on accumule une charge émotionnelle énorme. Cette prise de conscience sur la « distance qui permet d’aimer » a simplement ouvert la vanne.
C’est ma soupape de sécurité. C’est le trop-plein de beauté, de fatigue et de passion qui s’exprime. Comme le dit la chanson : « Mais les pleurs que tu pleures sont inutiles »… Dans le sens où ils ne doivent pas être tristes. Ce sont des larmes de décompression, des larmes de « reconnexion » avec moi-même.
Je prends le temps qu’il faut. Je respire. C’est aussi ça, le carburant de l’artiste. On ne peut pas faire des photos qui touchent le cœur des gens si on a le cœur sec. Le mien déborde, et c’est une très belle chose.
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